Crise sécuritaire en Ituri : les prêtres séculiers exigent des réformes profondes et le départ de la MONUSCO

Face à la recrudescence des violences en Ituri depuis juillet, les prêtres séculiers du diocèse de Bunia tirent la sonnette d’alarme. Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, ils dénoncent une situation sécuritaire dramatique marquée par des attaques meurtrières perpétrées par la milice URDPC/CODECO et les terroristes ADF, accompagnées de profanations d’églises, de pillages, d’assassinats de civils et de déplacements massifs de populations.

La violence s’est propagée à plusieurs localités, plongeant la province dans un chaos humanitaire et une peur généralisée. Selon les prêtres, l’état de siège instauré depuis quatre ans a non seulement échoué à rétablir la paix, mais aurait également favorisé la collusion entre les autorités militaires et certains groupes armés, notamment la CODECO.

Les Forces Armées de la RDC (FARDC) sont accusées d’exactions graves, telles que des arrestations arbitraires et des violences ciblées contre la population civile et l’Église. La Radio-Télévision FARDC-Ituri (RTFI) est également pointée du doigt pour la diffusion de discours haineux et diffamatoires, contribuant à la polarisation sociale.

Réaffirmant leur engagement pour la paix, les prêtres séculiers insistent sur le fait que l’Église ne collabore en aucun cas avec les groupes armés. Ils appellent le gouvernement central à lever immédiatement l’état de siège et à œuvrer pour l’unité des Ituriens. Parmi leurs recommandations figurent :

  • La mise en place d’une enquête indépendante et crédible sur les crimes commis ;
  • Des réformes urgentes au sein des FARDC, notamment le remplacement du porte-parole militaire en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo ;
  • La fin de toute collusion entre les forces de sécurité et les milices ;
  • Le respect strict de la distinction entre civils et miliciens dans les opérations militaires.

La MONUSCO, présente en Ituri depuis vingt-cinq ans, est également vivement critiquée pour son inefficacité à protéger les civils. Les prêtres exigent son départ immédiat, estimant que sa présence alimente la méfiance et entrave la restauration de la souveraineté locale.

Enfin, les prêtres interpellent les députés nationaux et provinciaux, les appelant à porter la voix du peuple iturien auprès des instances compétentes. Ils exhortent également les groupes armés à s’engager dans un dialogue sincère en vue d’un pacte social durable pour la paix et le bien-vivre ensemble en République démocratique du Congo.

Rédaction

Loading

0 commentaire

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *