Alors que la ville de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri connaît une transformation urbaine visible, portée par l’asphaltage de plusieurs avenues et l’installation de lampadaires sur des axes stratégiques, des voix s’élèvent pour dénoncer le blocage du chantier d’asphaltage du tronçon Rwampara, pourtant lancé depuis plus de trois mois.
Christian Shauri, coordonnateur des jeunes leaders de l’Ituri, a salué ce mercredi les efforts de modernisation entrepris sous le leadership du gouverneur militaire, le lieutenant-général Luboya Nkashama Johnny, à l’issue d’une visite sur plusieurs axes de la voirie urbaine.

« La ville est réellement éclairée. Même la nuit, on circule sans difficulté. J’ai parcouru Mudz’pela, Kindia, Hoho, la route de l’aéroport : partout il y a de la lumière. Cela montre clairement qu’il y a un gouverneur qui aime sa population et qui incarne la vision du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo », a-t-il déclaré.
Le tronçon Rwampara, un chantier à l’arrêt
Malgré ces avancées, le chantier du tronçon Rwampara, confié à la société Good News et lancé officiellement le 30 septembre 2025, suscite de vives inquiétudes. Plus de trois mois après, aucun début effectif d’asphaltage n’est visible.
« Trois mois après le lancement des travaux, il n’y a même pas 0,01 km d’asphaltage. On se demande ce qui bloque : l’étude a-t-elle été bien faite ? L’entreprise a-t-elle l’expérience, le matériel et la capacité technique nécessaires ? », s’est interrogé Christian Shauri.
Il reconnaît les efforts fournis sur certaines routes en terre battue, notamment sur l’axe Bunia–Komanda, mais estime que cela ne saurait justifier le retard d’un projet d’asphaltage urbain.
« Pour les routes en terre, nous avons vu des résultats. Mais ici, il s’agit du goudron. Si l’entreprise est spécialisée uniquement dans les routes en terre, qu’elle le dise clairement à la population », a-t-il insisté.
Malaise social et infrastructures à risque
Les jeunes leaders dénoncent également la situation sociale des agents affectés aux travaux, qui accumuleraient plusieurs mois d’arriérés de salaire.
« Les agents sont furieux. Ils souffrent. Ils ont des mois d’arriérés alors qu’ils sont toujours disponibles. Cela révèle un sérieux problème », a-t-il alerté.
Autre point de préoccupation : la dégradation avancée du pont Matété, reliant les communes de Mbunya et Nyakasanza, qui représente un danger permanent pour les usagers.
« C’est un danger permanent. Des élèves, des motos et des véhicules passent ici chaque jour. Il n’y a même pas possibilité de dépassement. La vie humaine est mise en danger », a-t-il averti.
Appel à la responsabilité et à l’action
Face à cette situation, les jeunes leaders de l’Ituri appellent la société Good News à assumer pleinement ses engagements ou à se retirer du projet en cas d’incapacité.
« Nous n’allons pas accepter qu’on remplace une société par une société malade. Si Good News est incapable, qu’elle renonce. Nous voulons voir l’asphaltage de Rwampara, les 20 kilomètres annoncés, pas des distractions », a martelé Christian Shauri.
Il exhorte également le maire de Bunia et le gouverneur militaire à veiller au respect strict du contrat afin que la population bénéficie réellement des infrastructures promises.
« Nous voulons voir le goudron, nous voulons voir ce pont être construit pour que la population circule librement. C’est cela la vraie modernisation de la ville », a-t-il conclu.
Une attente citoyenne forte
La ville de Bunia affiche des signes tangibles de modernisation, les attentes restent élevées quant à la concrétisation des projets annoncés. La population, à travers ses représentants, réclame des résultats visibles, une gestion transparente des chantiers et une amélioration durable des conditions de vie. Le tronçon Rwampara est devenu, à lui seul, le symbole de cette exigence de redevabilité.
Rédaction
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