Ituri : plus de 20 000 habitants de Kilo accèdent enfin à l’eau potable grâce au CICR

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a remis, mardi 3 février, deux systèmes complets d’adduction d’eau potable aux populations de Kilo État et Kilo Mission, dans le territoire de Djugu, en Ituri. La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités administratives, coutumières et des habitants du secteur Banyali Kilo.

Crédit photo: Benita Atosha

Lancé en février 2025, le projet comprend le captage de sources, la mise en place de points de stockage, de pompes solaires et de bornes-fontaines. Plus de 20 000 personnes, ainsi que les centres de santé locaux, en bénéficient désormais.

Ces communautés, durement affectées par des cycles de conflits armés et de violences, connaissent des déplacements récurrents qui aggravent le manque d’infrastructures hydrauliques. Les maladies liées à l’eau contaminée figurent parmi les principaux problèmes de santé publique dans la zone, selon les structures sanitaires de Kilo.

Avant ces réalisations, les habitants en particulier les femmes devaient parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau souvent insalubre, s’exposant à des risques sécuritaires liés à la présence d’acteurs armés.

« Nos entités sont entourées de montagnes, et les pluies détruisaient nos sources au pied des reliefs. La guerre exposait particulièrement les femmes à la violence lors de ces quêtes d’eau. Le CICR a réalisé le rêve de toute une communauté en ramenant l’eau au cœur de la cité », témoigne Innocent Madukadala, chef de secteur des Banyali Kilo.

Cette initiative s’inscrit dans une réponse multisectorielle du CICR en Ituri. En 2025, l’organisation avait déjà construit des ouvrages similaires à Kobu, Bambu et Nizi, en collaboration avec la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo.

Parallèlement, le CICR soutient les centres de santé de Kilo État et Kilo Mission par la fourniture d’intrants médicaux, des formations et la prise en charge forfaitaire du personnel. L’an dernier, 20 781 consultations gratuites en soins primaires ont été réalisées, tandis que 170 personnes ont bénéficié d’un accompagnement psychosocial. Des personnes handicapées ont également reçu des soins de réadaptation physique au centre de Rwankole, à Bunia.

« Nos équipes renforcent la résilience de ces communautés touchées par le conflit, en répondant aux besoins urgents tout en dialoguant avec les porteurs d’armes étatiques et non étatiques pour relayer leurs préoccupations », explique Alfred Wadie, chef adjoint de la sous-délégation du CICR à Bunia.

Ces efforts visent à atténuer l’impact humanitaire des violences, dans le respect du mandat impartial, neutre et indépendant du CICR.

Jonathan Byaruhanga

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