Ituri: l’envers du décor, jeunes et femmes exploités lors des accueils politiques à Bunia

A Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, l’aéroport Murongo est devenu le théâtre d’une pratique controversée où de jeunes hommes et femmes, souvent en quête de revenus, sont utilisés par des partis politiques lors des accueils d’autorités.

Ces rassemblements, censés célébrer les figures politiques, se transforment en spectacles où les participants sont contraints de chanter et de crier pendant des heures, souvent en échange d’une rémunération dérisoire.

Dans un contexte économique difficile, de nombreux jeunes et femmes voient dans ces opportunités une manière de subvenir à leurs besoins quotidiens.

Cependant, la réalité est bien plus sombre. Les organisateurs de ces événements exploitent la vulnérabilité de ces individus en leur promettant une rémunération qui ne dépasse que rarement 10 000 francs congolais (moins de 5 USD). Pour beaucoup, cette somme ne couvre même pas les frais de transport ou de nourriture.

Les participants sont souvent contraints de rester sur place pendant toute une journée ou demi-journée, exposés aux intempéries et sans accès à des rafraîchissements adéquats. Ils sont tenus de maintenir un niveau d’énergie élevé, chantant et dansant pour divertir les autorités et les partisans présents.

Cette exploitation soulève des questions éthiques sur le traitement réservé à ces jeunes et femmes, qui se retrouvent piégés dans un cycle de précarité.

Cette pratique n’est pas nouvelle. Elle s’inscrit dans un système où les partis politiques, soucieux de leur image, cherchent à créer une atmosphère festive autour de leurs activités. Les jeunes et les femmes, souvent issus de milieux défavorisés, deviennent alors des outils au service d’une propagande politique.

Les témoignages recueillis auprès des participants révèlent un sentiment d’humiliation et de frustration face à cette exploitation.

L’exploitation des jeunes et des femmes lors des accueils politiques à l’aéroport Murongo de Bunia met en lumière un problème systémique qui nécessite une attention urgente. La dignité humaine ne devrait jamais être sacrifiée au profit de l’image politique.

Jonathan Byaruhanga

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