À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars, la sous-délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Bunia a présenté, vendredi 20 mars 2026, son projet d’adduction d’eau potable à Walu, chef-lieu du groupement Ngombe Nyama, dans le territoire d’Irumu (Ituri).
Cette initiative répond à une crise humanitaire aggravée par les violences armées, qui ont provoqué d’importants déplacements de populations venues notamment de Kilo et Nyangaray, dans le territoire voisin de Djugu. L’afflux démographique a saturé les infrastructures existantes, privant résidents et déplacés d’un accès suffisant à l’eau potable et exposant les communautés à des risques sanitaires accrus.
En 2025, le centre de santé de Walu avait enregistré près de 11 000 déplacés, soit la moitié d’une population locale estimée à 23 581 habitants. Pour répondre à cette urgence, le CICR a construit un système complet comprenant un château d’eau de 40 m³, deux bornes-fontaines équipées de 11 robinets, un lieu de puisage avec quatre tuyaux, une pompe alimentée par énergie solaire et une bâche-réservoir de 25 m³. Un kit de maintenance a également été remis au comité local de gestion afin d’assurer la pérennité de l’ouvrage et une distribution équitable entre communautés hôtes et déplacées.
La problématique dépasse les zones rurales. À Bunia, capitale provinciale, la pression exercée par les sites de déplacés accentue les pénuries et pousse des familles vers des sources non traitées, favorisant les maladies hydriques.
« Nous affrontons la vétusté d’un réseau vieux de plus de 60 ans, une démographie gonflée par les conflits, et des fuites massives dans les canalisations qui gaspillent une eau déjà rare », explique Pascal Kalume, chef intérimaire du centre REGIDESO de Bunia, qui dessert environ 100 000 abonnés.
Le CICR appuie ponctuellement la REGIDESO par des dons d’intrants de purification (chlore, chaux, sulfate d’aluminium) et contribue au renouvellement de plus de 5 kilomètres de tuyauterie.
Ces efforts soulignent l’urgence d’investissements durables dans l’accès à l’eau potable en Ituri, une province où les conflits perpétuent un cercle vicieux de déplacements et de vulnérabilités, reflet des crises humanitaires récurrentes en République démocratique du Congo.
Jonathan Byaruhanga
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