Mutualisation FARDC-UPDF : la communauté iturienne s’interroge sur les véritables intentions de l’Ouganda

En pleine mission parlementaire dans la province, le caucus des députés nationaux et sénateurs de l’Ituri a reçu une correspondance écrite d’un jeune leader local, Janvier Mungunuthi, soucieux de la situation sécuritaire dans la région. Ce dernier interpelle les élus sur les zones d’ombre entourant la coopération militaire entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF).

Plus de deux mois après l’extension des opérations conjointes dans les territoires de Mambasa, Irumu et Djugu, des voix s’élèvent au sein de la population pour dénoncer des incohérences dans la mise en œuvre de cette mutualisation. Malgré la présence des deux armées, les groupes armés tels que CODECO, ZAÏRE et CRP continuent de semer la terreur, rendant difficile toute initiative de développement et précarisant davantage la vie des habitants, notamment à Djugu.

Une mutualisation à géométrie variable ?

Dans sa lettre, Janvier Mungunuthi pointe du doigt l’absence d’intervention contre le mouvement CRP, qui semble échapper aux opérations conjointes. Il s’interroge sur la sélectivité de l’armée ougandaise, censée appuyer les FARDC dans la traque de tous les groupes armés. Pire encore, certaines opérations seraient, selon lui, commanditées directement depuis Kampala, soulevant des doutes sur l’autonomie réelle des actions menées en territoire congolais.

Le jeune leader formule plusieurs questions essentielles à l’attention des parlementaires ituriens :

  1. La mutualisation des forces et l’élargissement de leur champ d’opérations ont-ils été validés par le Parlement ?
  2. Le gouvernement congolais a-t-il clarifié sa position sur les motivations profondes de l’Ouganda dans ce partenariat ?
  3. Les élus sont-ils conscients des risques d’un double jeu de Kampala, qui pourrait profiter de cette collaboration pour protéger certains groupes armés ?
  4. Quelle est la lecture des parlementaires sur ce partenariat, malgré les nombreuses zones d’ombre qui l’entourent ?

La lettre se conclut par un appel à la responsabilité des élus, les exhortant à jouer pleinement leur rôle de représentants du peuple iturien en exigeant transparence et redevabilité dans cette coopération militaire. Elle pose une question centrale :

« Cette collaboration sert-elle réellement la paix en Ituri, ou alimente-t-elle une stratégie régionale aux contours troublés ? »

Un cri du cœur, au nom d’un peuple en quête de sécurité, de justice et de développement.

Shukran Hassan

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