Mahagi : la communauté Alur de Bunia hausse le ton face à la persistance des tracasseries sécuritaires et exige des mesures urgentes

La communauté Alur de Bunia et environs (CABE) a rendu publique, ce 23 juillet 2026, une déclaration virulente pour dénoncer la dégradation alarmante de la situation sécuritaire dans le territoire de Mahagi, en province de l’Ituri.

Selon ce document officiel signé par le président du comité des sages, Félix Atembo, la population locale subit depuis trois jours des mouvements de protestation réprimés par des tirs à balles réelles de la police, faisant des blessés dans les rangs civils.

La CABE pointe du doigt le comportement de certains agents de l’ordre, citant nommément le commissaire supérieur Aloïs Apoima à la tête de la police de circulation routière ainsi que le responsable de l’ANR Mahagi, Bobo Serge. Ces derniers sont accusés d’encourager des actes de rançonnement généralisé auprès des paisibles citoyens, qu’il s’agisse de commerçants, de pêcheurs sur le lac Albert ou de personnes en deuil.

Face à l’inaction perçue des services de sécurité et de l’administrateur militaire du territoire, la communauté estime que la coupe est pleine. Rappelant un précédent mémorandum adressé au Gouverneur militaire le 13 juillet 2026, la CABE prévient que la population est poussée à se prendre en charge.

Neuf recommandations majeures ont ainsi été formulées à l’attention des autorités nationales et provinciales :

  • Une descente urgente sur terrain du Gouverneur militaire de l’Ituri pour s’imprégner de la situation;
  • L’arrestation immédiate et la condamnation publique du policier auteur des tirs à bout portant sur le président de la jeunesse de Mahagi;
  • L’ouverture d’une enquête indépendante pour identifier et traduire en justice tous les coupables;
  • Le remplacement immédiat des responsables des services de sécurité territoriaux (ANR, FARDC et PNC) mis en cause;
  • Le démantèlement définitif de toutes les barrières illicites érigées à travers le territoire;
  • La restauration effective de l’autorité de l’État et la responsabilisation accrue de l’administrateur militaire;
  • La prise en charge médicale intégrale et rapide des victimes par l’État congolais;
  • Un appel au calme, à l’unité et à la vigilance des forces vives et de la population, tout en respectant les restrictions liées à la riposte contre la maladie à virus Ebola.

Rédaction

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