Bunia : Ebola vide les nuits, les travailleuses du sexe en détresse

L’épidémie d’Ebola ne bouleverse pas seulement le système sanitaire et les habitudes de vie des habitants. Elle frappe aussi des activités souvent reléguées dans l’ombre, comme le commerce du sexe. Depuis le renforcement des campagnes de sensibilisation, plusieurs travailleuses du sexe affirment enregistrer une chute drastique de leur clientèle.

Dans différents quartiers de la ville, les témoignages convergent. La peur de la maladie a modifié les comportements : les hommes fréquentent de moins en moins les lieux de rencontre habituels. « Avant, nous pouvions recevoir plus de dix clients par nuit. Aujourd’hui, même en avoir deux devient difficile », confie une travailleuse du sexe du quartier Hoho, sous couvert d’anonymat.

Selon des observateurs, la vigilance accrue de la population face à la résurgence d’Ebola a réduit les sorties nocturnes et la fréquentation des espaces de divertissement. Une situation qui fragilise directement les revenus de nombreuses femmes dépendantes de cette activité pour leur survie.

Pour elles, l’épidémie représente désormais un double défi : la menace sanitaire qui pèse sur la communauté et une précarité économique qui s’aggrave jour après jour. Les acteurs de la santé publique rappellent que la lutte contre Ebola exige l’implication de toutes les couches sociales. Ils insistent sur la poursuite des actions de sensibilisation, de prévention et de vigilance communautaire afin de freiner la propagation du virus.

À Bunia, les rues autrefois animées jusqu’au petit matin se vident progressivement. La peur de la maladie redessine les réalités sociales et économiques de la ville.

Freddy Mulaba

0 commentaire

Laisser un commentaire

Emplacement de l’avatar

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *