Ebola en RDC : à Bunia, l’OMS et le gouvernement congolais unissent leurs forces contre la 17e épidémie

Face à la souche Bundibugyo qui sévit en Ituri, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, et le ministre congolais de la Santé, le Dr Roger Kamba, affichent un front commun. Entre appel à la solidarité internationale, mobilisation communautaire et rejet des restrictions frontalières, les autorités espèrent maîtriser l’épidémie dans les six prochains mois.

La riposte contre Ebola s’intensifie dans l’est de la République démocratique du Congo. En visite à Bunia, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée dans le pays, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Roger Kamba, et le Directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, ont affiché leur détermination à contenir rapidement la propagation du virus.

Face à cette nouvelle flambée provoquée par la souche Bundibugyo, les autorités congolaises et leurs partenaires internationaux se veulent rassurants tout en appelant à une mobilisation générale.

Lors d’un point de presse conjoint entre l’OMS et le ministère de la Santé, animé par le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, tenu à Bunia le samedi 30 mai 2026, le ministre de la Santé a exprimé sa confiance quant à l’évolution de la situation, s’appuyant sur l’expérience acquise par la RDC dans la gestion des précédentes épidémies d’Ebola.

« Notre objectif est de contenir le virus et de mettre fin à l’épidémie dans un délai de quatre à six mois », a déclaré le Dr Roger Kamba.

À ce stade, l’Ituri demeure la province la plus touchée. Quelques cas ont également été recensés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Les autorités sanitaires concentrent désormais leurs efforts sur la limitation de la propagation du virus au-delà des zones affectées.

Le gouvernement congolais a également lancé un appel à la communauté internationale afin d’éviter toute mesure restrictive visant la RDC.

Selon le Dr Kamba, la fermeture des frontières ou les interdictions de voyage risqueraient davantage de compliquer la riposte que de contribuer à la maîtrise de l’épidémie.

« Faites-nous confiance. Ne fermez pas vos frontières. Nous savons comment gérer cette situation », a insisté le ministre.

Un message partagé par le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a exhorté les États à éviter des mesures susceptibles d’entraver les efforts de lutte contre la maladie.

« Les restrictions de voyage et les fermetures de frontières rendent la riposte plus difficile et peuvent décourager la transparence ainsi que la coopération indispensables pour sauver des vies », a-t-il souligné.

Pour le patron de l’OMS, le succès de la lutte contre Ebola dépend avant tout de l’adhésion des communautés locales.

« Nous ne sommes pas ici pour dicter aux populations ce qu’elles doivent faire. Nous sommes ici pour les écouter et travailler avec elles », a affirmé le Dr Tedros.

Il a toutefois rappelé l’importance d’adapter certaines pratiques funéraires afin de réduire les risques de transmission du virus.

« Se protéger mutuellement, même dans les moments de deuil, est l’un des défis les plus difficiles mais aussi les plus importants », a-t-il ajouté.

Pour renforcer la riposte, le gouvernement congolais a déjà débloqué une enveloppe d’urgence de 20 millions de dollars américains, sur instruction de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Au-delà de la gestion immédiate de la crise, l’OMS entend également contribuer au renforcement durable du système de santé congolais à travers la modernisation des laboratoires, l’amélioration des infrastructures sanitaires et la formation du personnel médical.

À Bunia, la bataille contre la souche Bundibugyo est désormais pleinement engagée. Son issue dépendra autant de l’efficacité des interventions sanitaires que de la confiance et de la solidarité entre les communautés, les autorités et leurs partenaires internationaux.

Alex Shabdina

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