À Bunia, les grands travaux d’infrastructures franchissent un cap décisif. Le chantier du nouveau boulevard reliant le centre-ville au nouvel aéroport est entré dans sa phase d’asphaltage sous la direction de l’entreprise Mont Gabaon Sarlu. Si le maître d’œuvre affiche son optimisme pour une livraison fin juillet 2026, la libération complète des emprises routières reste le principal défi à relever.

C’est un pas de géant pour la modernisation du réseau routier de la province de l’Ituri. Ce lundi 1er juin, les équipes techniques s’activent sur le tronçon de l’aéroport. Les travaux de terrassement de masse et le déploiement des ouvrages d’assainissement étant finalisés ou en voie de l’être, la société Mont Gabaon Sarlu a officiellement lancé la pose du béton bitumineux sur le premier kilomètre de ce projet d’envergure.
Une infrastructure aux normes renforcées
D’une longueur totale de 3,24 kilomètres, ce nouveau boulevard se distingue par des choix techniques rigoureux, visant à garantir sa pérennité face au trafic et aux intempéries. Le Directeur technique de Mont Gabaon, Ir Barry Boubacar, qui conduit les travaux, met en avant une structure renforcée par rapport aux standards habituels de la voirie locale :
« Partout ailleurs à Bunia, les chaussées ont été traitées avec un taux de 2,5 % de ciment. Pour ce projet, nous sommes passés à un minimum de 3,5 % afin d’optimiser la stabilisation. De plus, nous avons choisi d’ajouter une couche de gravier de 5 à 10 centimètres pour consolider la surface, et la route a été surélevée pour la mettre totalement hors d’atteinte de l’humidité. »
Au total, l’infrastructure repose sur des remblais massifs pouvant atteindre jusqu’à 9 mètres de hauteur à l’approche de l’aéroport (notamment au point kilométrique 3), d’une couche de forme de 30 cm, d’une fondation de 25 cm en arène granitique, et d’une couche de roulement finale de 5 centimètres d’asphalte.

Des expropriations cruciales pour tenir les délais
Si l’avancement technique est jugé satisfaisant, une ombre plane néanmoins sur le calendrier. Pour que la chaussée affiche sa largeur réglementaire de 7 mètres bitumés (sans compter les aménagements parallèles), la libération des espaces occupés par des habitations est devenue une urgence absolue.
Aux abords de l’Afridex, le chantier se rétrécit par endroits pour atteindre à peine 4 à 5 mètres. « Si les espaces occupés par les habitations ne sont pas libérés, ce sera un facteur bloquant pour le respect du délai », prévient l’Ir Barry Boubacar. Malgré cette contrainte, il maintient l’objectif d’une fin des travaux pour la fin du mois de juillet, avant la remise officielle de l’ouvrage à l’autorité contractante.

Ce projet, salué par la population locale et régulièrement inspecté par le Gouverneur militaire ainsi que par des délégations parlementaires, bénéficie d’un appui direct du Président de la République dans le cadre des efforts de développement des infrastructures nationales et provinciales.
Rédaction
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