L’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (UNADI) appelle le Gouvernement de la République à reporter d’un mois la rentrée scolaire 2026-2027 dans la province de l’Ituri, en raison des inquiétudes liées à la persistance de la maladie à virus Ebola.
Cette position ressort d’une assemblée générale extraordinaire tenue les 29 et 30 août 2026 à Bunia, au cours de laquelle les représentants de 21 communautés de l’Ituri ont évalué la situation épidémiologique ainsi que les conditions dans lesquelles devrait s’effectuer la rentrée scolaire.
Dans sa déclaration, l’UNADI affirme que la situation épidémiologique demeure préoccupante depuis la déclaration de l’épidémie, le 15 mai 2026. L’organisation estime que la propagation du virus continue de constituer une menace pour les populations, particulièrement dans les zones où les capacités de riposte restent limitées.
Selon les éléments contenus dans cette déclaration, le nombre de zones de santé touchées serait passé de trois à 28, tandis que l’UNADI avance un bilan de plus de 2 088 décès en Ituri. Ces chiffres sont présentés par l’organisation dans le cadre de son évaluation de la situation.
L’UNADI dénonce également ce qu’elle qualifie de faible coordination entre les différents acteurs de la riposte, notamment les équipes du ministère, les partenaires et les acteurs communautaires. Elle évoque notamment des difficultés liées à la prise en charge des malades, au déploiement des structures de traitement ou de transit dans les nouvelles zones touchées et à l’insuffisance des moyens disponibles.
Pour l’UNADI, la reprise des cours intervient dans un contexte qui ne rassure pas suffisamment les parents et les enseignants. L’organisation rappelle que l’année scolaire 2025-2026 s’était déjà achevée de manière progressive dans certaines zones de l’Ituri en raison de la montée de l’épidémie.
Elle s’inquiète également de l’absence, selon elle, de kits suffisants de riposte dans plusieurs établissements scolaires publics et privés. La promiscuité dans certaines écoles, avec des effectifs pouvant dépasser 55 apprenants par classe, est considérée comme un facteur susceptible de favoriser la propagation de la maladie.
L’organisation estime par ailleurs que les mesures annoncées pour assurer la continuité de l’enseignement, notamment l’enseignement à distance à travers les radios communautaires, doivent être adaptées aux réalités socioéconomiques et éducatives de la province.
Face à ces inquiétudes, l’UNADI demande au Gouvernement de reporter d’un mois la rentrée scolaire en Ituri. Ce délai devrait, selon elle, permettre de renforcer la sensibilisation de la population, de préparer les parents et les élèves et surtout de mettre en place des mesures de prévention et de riposte dans les établissements scolaires.
L’UNADI plaide aussi pour une implication accrue des leaders communautaires dans la riposte contre Ebola. Elle cite notamment les chefs coutumiers, les responsables religieux, les associations culturelles, les jeunes et les femmes.
L’organisation considère que la faible appropriation communautaire de la riposte et la circulation de fausses informations contribuent aux résistances observées dans certaines communautés.
Elle demande également à l’Incident Manager de la riposte d’instaurer un dialogue permanent avec les différents leaders communautaires, de renforcer la transparence autour des partenaires intervenant dans la riposte et d’adapter le plan d’intervention aux réalités spécifiques de l’Ituri.
S’agissant des autorités scolaires, l’UNADI les invite à privilégier le dialogue plutôt que les menaces ou les intimidations à l’endroit des enseignants qui expriment des inquiétudes concernant leur sécurité sanitaire.
Pour cette organisation, la protection des enseignants, des élèves et de leurs familles doit rester au centre des décisions relatives à la reprise des activités scolaires.
L’UNADI appelle enfin la population à respecter strictement les mesures barrières, à s’impliquer dans la riposte et à accompagner les autorités dans la lutte contre la maladie à virus Ebola.
La déclaration, signée à Bunia le 30 août 2026, intervient alors que la question de la rentrée scolaire reste particulièrement sensible dans une province confrontée à une situation épidémiologique jugée préoccupante par les représentants de plusieurs communautés.
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