Ebola et sécurité en Ituri : les autorités renforcent la riposte et fait le point sur l’état de siège

Le ministre national de la Santé publique et de la Prévoyance sociale, Samuel Kamba, a présenté ce vendredi à Bunia la situation épidémiologique de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Il s’exprimait lors d’un briefing conjoint avec le gouverneur militaire de l’Ituri, Johnny Luboya N’Kashama.

Selon le ministre de la Santé, 225 cas de maladie à virus Ebola ont déjà été enregistrés à travers le pays. Les cas sont répartis dans dix zones de santé de l’Ituri et trois zones de santé du Nord-Kivu.

Le Dr Samuel Kamba a indiqué que 142 patients sont actuellement pris en charge dans différentes structures sanitaires, dont trois cas confirmés dans le site de déplacés de Rwampara, à Bunia.

Insistant sur l’importance de la détection précoce, le ministre a affirmé qu’aucun malade ne devrait passer plus de 24 heures sans être identifié et pris en charge.

Pour soutenir la riposte, le gouvernement central, avec l’appui de ses partenaires techniques et humanitaires, a déjà déployé des tests de dépistage rapide, plus de dix tonnes d’équipements de protection individuelle ainsi que des médicaments de première nécessité dans les zones affectées.

Dans le cadre du renforcement de la surveillance sanitaire, 55 points de contrôle ont été installés afin d’assurer le suivi des mouvements de populations et de limiter la propagation du virus. Un couloir vert humanitaire a également été mis en place pour faciliter les déplacements des équipes de riposte, du personnel soignant et l’acheminement des intrants médicaux.

Abordant la situation sécuritaire, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama a rappelé les avancées enregistrées depuis l’instauration de l’état de siège le 11 mai 2021.

Il a souligné que plusieurs axes routiers, autrefois sous la menace des groupes armés, ont été sécurisés, notamment la Route nationale n°27 reliant Bunia à Mahagi, ainsi que d’autres tronçons stratégiques menant vers Aru et Nyakunde.

Le gouverneur militaire a également évoqué les opérations menées contre les groupes armés actifs dans les territoires de Djugu et d’Irumu, notamment la CODECO et la FPIC. Il a précisé que ces actions militaires ont été accompagnées de plusieurs initiatives de dialogue, notamment les processus d’Aru I, de Nairobi et d’Aru II, visant à favoriser le désarmement volontaire de certains combattants.

Toutefois, l’autorité provinciale a déploré la résurgence de nouveaux mouvements armés depuis 2025, citant notamment le groupe Zaïre et le mouvement CRP opérant dans certaines zones de la province.

Selon le gouverneur, les territoires d’Aru, de Mahagi et une grande partie de Djugu connaissent actuellement une amélioration relative de la situation sécuritaire, malgré quelques incidents isolés. En revanche, des poches d’insécurité persistent encore dans certaines localités du territoire d’Irumu ainsi que le long de la Route nationale n°4 (RN4).

Les autorités ont réaffirmé leur engagement à poursuivre simultanément les efforts de sécurisation et les actions de riposte sanitaire afin de protéger les populations de l’Ituri contre la menace d’Ebola et l’insécurité.

Serge Jalar

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