Ituri : cinq ans *de l’état de siège, un bilan *optimiste, *parsémé de défis.*

Cinq ans après l’instauration de l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu par le président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le débat reste vif autour de ce régime exceptionnel. En Ituri, une analyse publiée le 5 mai 2026 par le journaliste indépendant Sadiki Abubakar dresse un bilan contrasté : des avancées tangibles mais aussi des défis majeurs.

Mis en place en mai 2021, l’état de siège visait à rétablir la paix, neutraliser les groupes armés et restaurer l’autorité de l’État dans les zones en proie à l’insécurité. Selon l’étude, plusieurs résultats positifs sont aujourd’hui visibles dans différents secteurs.

Sur le plan administratif, les autorités territoriales exercent désormais dans des entités autrefois hors de contrôle, notamment à Djugu et Irumu. L’auteur souligne également une progression significative des recettes publiques : la Direction Générale des Recettes de l’Ituri (DGRPI) est passée d’environ 26 milliards de francs congolais en 2021 à plus de 70 milliards en 2025, signe d’une gouvernance financière renforcée.

Sur le plan sécuritaire, plusieurs localités naguère paralysées par les affrontements, telles que Marabo, Fataki, Bule, Tchomia ou Nyamamba, connaissent une stabilité relative. Bunia, chef-lieu de la province, affiche des signes de modernisation avec des routes asphaltées, un nouvel aéroport et l’implantation d’infrastructures publiques, dont une antenne de la Banque Centrale du Congo.

Mais les défis demeurent. Des milliers de déplacés vivent encore dans des conditions précaires à Djugu et Mambasa. Les attaques attribuées aux rebelles ADF persistent dans certaines chefferies, tandis que des groupes armés résiduels restent actifs à Djugu et Aru, où une incursion d’hommes armés venus du Soudan du Sud a récemment été signalée.

Face à ces réalités, l’auteur recommande de renforcer les efforts sécuritaires, de faciliter le retour des déplacés dans leurs milieux d’origine et de consolider la relation civilo-militaire dans les zones reconquises.

En conclusion, Sadiki Abubakar appelle les autorités à préserver les acquis enregistrés durant ces cinq années afin de permettre à l’Ituri de tourner définitivement la page des violences et de poursuivre son élan vers le développement.

Serge Jalar

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