À l’issue des travaux menés du 15 au 20 février, les élus nationaux de l’Ituri ont bouclé leurs consultations à l’hôtel Karibuni. Sécurité, gouvernance et relance économique : tout a été passé au crible afin de porter la voix de la province lors de la prochaine rentrée parlementaire à Kinshasa.
Pendant cinq jours, députés nationaux et sénateurs ont multiplié les échanges avec les forces vives de la province. De l’Assemblée provinciale aux leaders communautaires, en passant par la société civile et les opérateurs économiques, le caucus a ratissé large. L’objectif était clair : recueillir les doléances de la base pour bâtir un plaidoyer solide avant la session de mars.
Sécurité : Une accalmie réelle mais trompeuse
Si une accalmie globale est saluée sur l’ensemble de la province, le tableau reste contrasté. Le caucus pointe la persistance de poches d’insécurité, particulièrement à Djugu, Bule, Mambasa et dans le sud d’Irumu, où l’activisme des ADF et d’autres milices locales continue de semer le trouble.
L’insécurité urbaine à Bunia et Ariwara, ainsi que la circulation illégale d’armes parmi certains groupes pourtant engagés dans le processus de paix, figurent parmi les alertes rouges soulevées par les élus.
Gouvernance et social : Des défis structurels majeurs
L’analyse des parlementaires ne s’arrête pas aux lignes de front. Sur le plan administratif, plusieurs obstacles freinent l’essor de la province :
- État de siège : une gestion dont la prolongation suscite des interrogations.
- Administration : un manque criant de mécanisation des agents de l’État et des conflits de compétences persistants.
- Infrastructures : un déficit de bâtiments publics et une dégradation avancée du réseau routier.
Sur le plan économique, si la réouverture de certains axes routiers insuffle un nouvel élan, l’exploitation illicite des ressources naturelles et l’accès limité à l’énergie demeurent des freins majeurs au développement.
Les recommandations : Un plan d’action pour Kinshasa
Face à ce diagnostic, le caucus interpelle directement l’exécutif national. Les élus exigent notamment :
- Le renforcement des capacités des forces de défense et de sécurité.
- Le financement accéléré du programme P-DDRCS pour la réinsertion des ex-combattants.
- Une enquête rigoureuse sur la spoliation des biens de l’État et le pillage des ressources.
- Une aide humanitaire accrue pour favoriser le retour des déplacés. L’appel à l’unité
En conclusion, les parlementaires ont lancé un appel vibrant à la cohésion intercommunautaire. Pour le caucus, le retour à une stabilité durable ne pourra se faire sans une union sacrée des filles et fils de l’Ituri autour des idéaux de paix et de développement.
Signalons que le rapport de ces différentes consultations servira de base de travail aux élus ituriens pour peser dans les débats lors de la session parlementaire qui s’ouvre prochainement dans la capitale.
Rédaction
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