Ituri : le numérique et l’intelligence artificielle au cœur de la réflexion sur l’avenir du tourisme

La Journée mondiale du tourisme a été célébrée ce dimanche 27 septembre 2026 sous le thème « Le numérique et l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme ». En province de l’Ituri, cette journée intervient dans un contexte particulier marqué par la maladie à virus Ebola. Aucune activité officielle n’a été organisée à Bunia, mais le chef de division provinciale du Tourisme, Benjamin Katho Lebisabo, a animé un point de presse au cours duquel il a présenté les enjeux et les priorités de son service.

Pour Benjamin Katho Lebisabo, cette journée constitue une occasion d’évaluer le secteur touristique, d’identifier ses difficultés et de réfléchir aux moyens de mieux valoriser les potentialités de l’Ituri. Il estime que le numérique et l’intelligence artificielle peuvent contribuer à faire connaître les richesses naturelles, culturelles et historiques de la province, à améliorer l’accueil des visiteurs et à renforcer la protection du patrimoine.

Le responsable provincial rappelle toutefois que la technologie ne peut pas, à elle seule, résoudre les problèmes auxquels fait face le secteur touristique. « Aucune technologie ne remplace la paix, la sécurité, des routes praticables, des infrastructures adéquates, un accueil professionnel et une bonne gouvernance », souligne-t-il.

Selon lui, le tourisme représente également un important levier de développement économique. Chaque visiteur peut faire travailler plusieurs catégories d’acteurs, notamment les transporteurs, hôteliers, restaurateurs, photographes, artistes, artisans et commerçants. Pour permettre aux communautés locales de bénéficier davantage de cette activité, il estime nécessaire de disposer de sites accessibles, de services de qualité, de prix transparents et d’une véritable participation communautaire.

L’Ituri dispose notamment de paysages, de lacs, de montagnes, d’une biodiversité riche, de traditions, de langues, de récits, d’une gastronomie et de nombreux lieux de mémoire. Pour la Division provinciale du Tourisme, ce patrimoine doit être identifié, documenté, protégé et mieux valorisé.

Le chef de division provinciale du Tourisme constate que le comportement des voyageurs a évolué avec le développement du numérique. Le téléphone portable et Internet permettent aujourd’hui aux visiteurs de rechercher une destination, consulter des images et des vidéos, comparer les itinéraires, rechercher des informations sur les prix, l’hébergement et les conditions de sécurité avant même leur déplacement.

Dans cette perspective, la Division du Tourisme envisage notamment la création progressive d’une carte touristique numérique de l’Ituri. Celle-ci pourrait permettre de localiser les sites naturels, culturels et historiques, ainsi que les hôtels, restaurants et autres services utiles aux visiteurs, tout en tenant compte des impératifs de sécurité et de protection des sites sensibles.

L’administration touristique souhaite également développer des fiches numériques pour les principaux sites. Ces documents devraient renseigner notamment sur leur localisation, leur histoire, les conditions d’accès, les tarifs éventuels, les contacts, les règles de protection et les services disponibles à proximité.

Benjamin Katho Lebisabo estime que l’intelligence artificielle pourrait également être utilisée dans le secteur touristique, notamment pour orienter les visiteurs vers les sites, les moyens de transport, les hébergements et les activités disponibles.

Il insiste cependant sur le fait que l’intelligence artificielle doit rester un outil d’appui et ne peut remplacer les guides touristiques, la mémoire des communautés, l’expérience humaine ou encore l’hospitalité qui caractérise l’expérience touristique.

La Division provinciale du Tourisme entend également renforcer la communication numérique afin de présenter les richesses de l’Ituri à travers des contenus fiables, authentiques et régulièrement actualisés. Elle appelle notamment à éviter les images trompeuses, l’exagération et les promesses irréalistes.

Pour accompagner cette transformation, la Division provinciale du Tourisme a identifié plusieurs priorités. Il s’agit notamment de l’inventaire numérique des sites touristiques, de la création progressive d’une carte touristique numérique, du renforcement de la communication numérique et de la formation des acteurs.

La Division prévoit également d’accompagner davantage les jeunes et les femmes dans l’utilisation des outils numériques pour développer des activités liées à la photographie, à la production vidéo, à la conception graphique, à la promotion touristique, à l’artisanat et à la restauration.

L’amélioration des statistiques touristiques et la mise en place de partenariats avec les autorités, les services de sécurité, les entreprises de télécommunication, les médias, les organisations de conservation, les opérateurs privés et les communautés locales figurent également parmi les priorités.

La protection de l’environnement et du patrimoine constitue enfin un axe majeur. L’objectif affiché est de promouvoir un tourisme capable de contribuer à la conservation des ressources naturelles et culturelles, tout en permettant aux communautés locales d’en tirer des bénéfices.

Le chef de division provinciale du Tourisme appelle les pouvoirs publics à intégrer davantage le tourisme dans les priorités de développement, notamment à travers les routes, l’énergie, la connectivité, la sécurité, la signalisation, les infrastructures et les investissements.

Il invite également les opérateurs touristiques à améliorer la qualité de l’accueil et des services, la transparence des prix, la gestion des réservations et le traitement des plaintes.

Pour Benjamin Katho Lebisabo, la transformation numérique du tourisme ne doit pas être une fin en soi. Elle doit permettre à l’Ituri de mieux connaître ses richesses, de mieux les protéger, de mieux les présenter et de favoriser une meilleure répartition des bénéfices issus du tourisme.

La Journée mondiale du tourisme, estime-t-il, doit ainsi constituer une nouvelle étape vers la construction d’un tourisme provincial moderne, responsable, inclusif et durable, adapté aux réalités de l’Ituri.

Serge Jalar

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