Ituri : les enfants dénoncent le silence des autorités face au recrutement de mineurs par les groupes armés

À l’occasion de la Journée internationale contre le recrutement d’enfants soldats, célébrée ce jeudi 12 février 2026, le Comité des enfants en Ituri a lancé un appel pressant aux autorités provinciales pour accélérer la libération des mineurs enrôlés dans les groupes armés.

Lors d’un point de presse tenu à Bunia, cette structure locale a dénoncé l’indifférence des autorités face à cette date symbolique et a interpellé directement les groupes rebelles actifs dans la province.

Richardine Pituwa, membre du comité, a exprimé une profonde amertume :
« Nous sommes tristes parce que cette journée n’est pas respectée dans notre province. Nous la célébrons avec amertume, mais elle nous rappelle que les enfants ne doivent jamais être utilisés comme instruments de guerre. Ce sont nos frères et sœurs. Notre rôle est de plaider auprès du gouvernement et de sensibiliser. Nous demandons des descentes sur le terrain pour évaluer la situation et trouver des solutions avec nos partenaires. »

De son côté, le porte-parole Josué Sumbuso a adressé un message clair aux groupes armés :
« Déposez les armes et relâchez immédiatement les enfants enrôlés. Aujourd’hui, un futur professeur d’université est dans la brousse, privé de son enfance et de son avenir. Les enfants doivent être exclus de tout conflit armé, il n’y a pas de débat. Nous exigeons la libération de tous les mineurs sans exception. »

Dans cette province marquée par des affrontements récurrents entre groupes armés et forces de l’ordre, le recrutement d’enfants soldats demeure un fléau. Selon des rapports récents des Nations unies, des centaines de mineurs y sont encore exploités, souvent arrachés à leurs familles pour servir de combattants ou de porteurs.

Le Comité des enfants insiste sur la nécessité d’une implication accrue des autorités provinciales et nationales.
« Notre plaidoyer s’adresse d’abord au gouvernement, notre partenaire primordial », a rappelé Richardine Pituwa, avant de conclure en appelant à des opérations de grande envergure pour identifier et rapatrier ces enfants.

Sans action concrète, avertit le comité, c’est l’avenir de toute une génération qui se trouve menacé.

Jonathan Byaruhanga

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