Le secrétaire exécutif du gouvernement provincial de l’Ituri, Dieudonné Ngadjole, a ouvert ce jeudi 13 août 2026, à l’Exécutif Lodge de Bunia, un atelier de deux jours consacré à la restitution et à la validation des résultats de trois études menées dans les zones frontalières de la province dans le cadre du Projet Borderlands, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Ces études portent notamment sur la sensibilité aux conflits, les opportunités économiques dans les Borderlands de l’Ituri ainsi que les implications sanitaires de la traite des êtres humains et du trafic de migrants dans les zones frontalières entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
Au nom de l’exécutif provincial, Dieudonné Ngadjole a ouvert les travaux de cet atelier qui réunit plusieurs parties prenantes, notamment les autorités provinciales, les services techniques, les représentants des communautés, le secteur privé ainsi que les partenaires de mise en œuvre.
Dans son intervention, le représentant du gouverneur militaire a insisté sur la nécessité de fonder les interventions sur une meilleure connaissance des réalités locales.
« Dans ce contexte, il est essentiel que nos interventions reposent sur une connaissance approfondie des réalités locales, des dynamiques de conflit, des potentialités économiques et des besoins de protection et de santé des populations les plus vulnérables. Les trois études qui nous sont présentées aujourd’hui répondent précisément à cette exigence. Elles nous offrent une meilleure compréhension des opportunités économiques à valoriser, des facteurs de conflit auxquels nous devons être attentifs pour renforcer la paix et la cohésion sociale, ainsi que des implications sanitaires de la traite des êtres humains et du trafic de migrants », a déclaré Dieudonné Ngadjole, secrétaire exécutif du gouvernement provincial de l’Ituri.

Prenant la parole à son tour, le chef de bureau de l’OIM, Michel Kamate, a souhaité la bienvenue aux participants au nom de son organisation. Il a également souligné l’importance de ces études, réalisées dans le cadre du projet « Renforcement de la coopération transfrontalière, de la stabilisation et de la résilience des zones frontalières entre la RDC et l’Ouganda », avec l’appui de l’Union européenne.
« Là où les opportunités économiques se créent, les conflits reculent ; là où la protection fait défaut, la traite des êtres humains prospère. Le projet Borderlands repose sur une conviction essentielle : la stabilisation durable des zones frontalières passe à la fois par le renforcement des opportunités économiques pour les populations et par une compréhension approfondie des dynamiques de conflit susceptibles d’affecter les interventions de développement », a déclaré Michel Kamate.

Ces études ont été menées dans les quatre territoires frontaliers de l’Ituri ( Mahagi, Aru, Irumu et Djugu).
L’étude sur les opportunités économiques vise à identifier les filières porteuses, les chaînes de valeur ainsi que les possibilités d’emploi et d’investissement susceptibles de contribuer à l’amélioration des moyens de subsistance des populations locales, des personnes déplacées et des communautés hôtes.
De son côté, l’étude de sensibilité aux conflits analyse les facteurs de fragilité, les dynamiques conflictuelles, les acteurs impliqués et les risques susceptibles d’être influencés positivement ou négativement par les interventions du projet, conformément à l’approche « Do No Harm », qui consiste à éviter que les interventions ne créent ou n’exacerbent des tensions existantes.
La troisième étude s’intéresse aux implications sanitaires de la traite des êtres humains et du trafic de migrants dans les zones frontalières entre la RDC et l’Ouganda. Elle vise notamment à mieux comprendre les conséquences de ces phénomènes sur la santé des victimes et à contribuer au renforcement de leur accès aux services de santé, de protection et de prise en charge.
Durant les deux jours de l’atelier, les participants sont appelés à examiner les résultats des trois études, formuler des observations et recommandations, valider les conclusions et dégager des orientations opérationnelles susceptibles d’être intégrées dans la programmation du projet Borderlands.
L’approche se veut participative et interactive, avec des présentations en plénière, des séances de questions-réponses et des travaux en groupes thématiques.
À travers cette démarche, l’OIM entend contribuer au renforcement de la coopération transfrontalière, de la cohésion sociale, de la résilience des communautés et des opportunités économiques, tout en veillant à une meilleure protection des populations vulnérables dans les zones frontalières de l’Ituri.

Serge Jalar
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