​ Bunia : à peine asphaltée, la rue Kamanyola déjà « menacée» par des usagers malveillants

​ Quarante-huit heures seulement après l’asphaltage de l’avenue Kamanyola, le cri d’alarme retentit. Le Directeur technique de l’entreprise Mont Gabaon Sarlu, Barry Boubacar, dénonce avec vigueur des incivilités qui compromettent déjà la durabilité de cet ouvrage d’intérêt public.

​C’est un constat amer qu’a dressé l’ingénieur Barry Boubacar ce mardi 14 avril 2026. Alors que les travaux de modernisation de la voirie urbaine de Bunia se poursuivent, le tronçon Kamanyola subit des dégradations précoces causées par l’imprudence, voire la malveillance, de certains conducteurs et opérateurs économiques.

​Le bitume « dissous » par les hydrocarbures

​Le danger est chimique avant d’être mécanique. Selon le technicien, le déversement volontaire ou accidentel de produits pétroliers agit comme un solvant sur le goudron fraîchement posé.
​« La route de Kamanyola, 48 heures après son exécution, est déjà en danger. Sa pérennité est mise en cause à cause des usagers malveillants qui font de mauvaises pratiques en laissant couler sur la couche asphaltée des huiles moteur, du carburant qui procèdent directement à la dégradation immédiate de la couche de roulement », a-t-il déploré.

​Sur place, les preuves de ce sabotage involontaire sont visibles : des taches sombres parsèment le revêtement noir. L’effet est instantané : « Vous pouvez enlever les graviers qui sont déjà désolidarisés, qui ne sont plus liés par le bitume », explique Barry Boubacar.

Des béquilles de remorques qui « poinçonnent » la chaussée

​Outre les fuites de fluides, le stationnement de poids lourds aggrave la situation. La chaussée, encore en phase de polymérisation, ne possède pas encore sa rigidité finale pour supporter des charges statiques concentrées.
​« Vous verrez à travers ces images les uns qui font stationner les remorques en laissant la béquille directement sur la couche asphaltée qui ne s’est pas encore solidifiée, qui ne s’est pas encore rigidifiée. D’autres laissent les moteurs avec des huiles qui coulent, suinter sur la couche de roulement. »
Un appel à la répression et au civisme

​Face à ce qu’il considère comme un manque de respect pour l’investissement public, le Directeur technique de Mont Gabaon appelle les autorités urbaines à agir. Pour lui, la protection de la route relève d’une responsabilité tant collective qu’individuelle.
​« Cet effet doit être réprimé avec une grande rigueur parce que ce n’est pas une affaire de chacun, c’est une affaire de tous. Ce n’est ni une affaire de tous mais une affaire de chacun. Je pense que l’État ne peut pas tous les matins investir pour la construction de la même route pour la population. Quand on construit la route, il faudrait que chacun prenne ses soins, que chacun apporte sa pierre pour la construction et pour l’édification des ouvrages, pour la protection des ouvrages. »

​Ce rappel à l’ordre intervient alors que la population de Bunia attendait depuis des décennies la modernisation de son réseau routier. Si la rigueur n’est pas de mise, le bijou technologique de Kamanyola pourrait redevenir un simple souvenir avant même la fin officielle des chantiers.

Rédaction

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