Les autorités provinciales de l’Ituri et les acteurs du secteur agricole ont tenu, mercredi à l’hôtel Karibuni, une réunion stratégique consacrée à la relance et à l’accompagnement des exportateurs de cacao et de café. Au cœur des échanges : la lutte contre la contrebande, la fraude fiscale et l’insécurité qui fragilisent cette filière prometteuse pour l’économie provinciale.
La rencontre, présidée par le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya N’Kashama, représenté par son directeur adjoint en charge de l’Économie et des Finances, Dieudonné Omasombo, a réuni les représentants des services étatiques, les opérateurs économiques ainsi que les associations d’exportateurs. Objectif : dégager des solutions durables pour assainir et dynamiser le secteur.
Selon Muhongya Augustin, secrétaire permanent de l’Association des exportateurs de cacao, café et autres produits agricoles en République démocratique du Congo (ASSECCAF), cette rencontre visait avant tout à réfléchir sur les mécanismes permettant d’accroître la production et de renforcer la compétitivité des filières cacao et café en Ituri.
« L’objectif est de mettre ensemble tous les acteurs afin de trouver les voies et moyens d’augmenter la production, d’encadrer les exportateurs et de protéger les recettes que génèrent ces produits agricoles », a-t-il expliqué.
Il a rappelé que le cacao et le café, en raison de leur forte valeur marchande, attirent de plus en plus de réseaux de criminalité économique. La contrebande transfrontalière, la fraude fiscale et d’autres pratiques illégales privent la province de ressources essentielles et exposent producteurs comme exportateurs à de multiples risques.
Pour les participants, la sécurité apparaît désormais comme un pilier incontournable du développement de cette filière. Dans plusieurs zones de production, les agriculteurs, collecteurs et exportateurs sont confrontés à des menaces qui perturbent la chaîne d’approvisionnement et freinent les investissements.
Les échanges ont insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les services de sécurité, les régies financières, les autorités territoriales et les acteurs privés afin de protéger les zones de production, sécuriser les circuits d’exportation et réduire les pertes liées à la fraude.
Cette réunion marque une étape importante dans la volonté des autorités provinciales de faire du cacao et du café des leviers de croissance économique et de création d’emplois en Ituri. Les participants ont plaidé pour des mesures concrètes, notamment l’amélioration de la traçabilité des produits, l’encadrement des exportateurs, la sensibilisation des producteurs et la sécurisation des axes d’évacuation.
Avec son potentiel agricole reconnu, l’Ituri espère consolider sa place parmi les provinces clés dans la production et l’exportation du cacao et du café en République démocratique du Congo.
Serge Jalar
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