Ebola en Ituri : le gouvernement intensifie la riposte face à une situation critique

Lors d’un briefing tenu vendredi, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, accompagné du ministre de la Santé, a présenté un état des lieux de l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit dans la province de l’Ituri. Les autorités ont annoncé un renforcement des mesures sanitaires et logistiques pour contenir la propagation.

Une situation épidémiologique préoccupante

Selon les données officielles, on dénombre 933 cas suspects, dont 237 confirmés, ainsi que plusieurs patients guéris. Le personnel médical est particulièrement touché : 14 décès, dont 3 médecins et 11 infirmiers, parmi lesquels un laborantin et un hygiéniste.
Le ministre de la Santé a précisé que de nombreux décès sont liés à l’arrivée tardive des patients dans les structures de soins, souvent à un stade avancé de la maladie.

Épicentre à Mungwalu et rappel historique

L’épidémie, attribuée à la souche dite de Budibudio, a été identifiée dans la zone de santé de Mungwalu. C’est la deuxième apparition de cette souche en République démocratique du Congo après celle d’Isiro en 2012, et la 17ᵉ épidémie d’Ebola documentée dans le pays.

Mesures de riposte renforcées

Pour améliorer la prise en charge et limiter la propagation, le gouvernement a annoncé :

  • Déploiement de 7 ambulances dans les zones affectées.
  • Envoi d’une ambulance et d’un véhicule d’intervention rapide vers Mungwalu.
  • Mise en service de 9 centres de traitement, avec d’autres en cours de construction.

Le ministre a rappelé que les soins pour les patients atteints d’Ebola sont gratuits, conformément à la politique de couverture sanitaire universelle. Il a également instruit la division provinciale de la santé de recenser toutes les structures impliquées dans la prise en charge.

Par ailleurs, les médecins et infirmiers mobilisés verront leurs rémunérations doublées, une mesure destinée à soutenir un personnel médical fortement éprouvé.

Taux de létalité et signaux encourageants

Dans certains centres appuyés par Médecins Sans Frontières, le taux de létalité est de 20 %, contre 13 % à l’hôpital général. Vendredi, six patients ont quitté le centre de traitement de l’hôpital général, dont deux infirmières, un signe encourageant dans la lutte contre la maladie.

Appel à la mobilisation communautaire

Présent au briefing, le député national Nene Avojoa Kashinde s’est félicité des efforts du gouvernement et a appelé les communautés locales à s’impliquer activement. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation afin de freiner la propagation du virus, rappelant que la maladie demeure une menace réelle nécessitant une mobilisation collective.

Face à cette nouvelle flambée d’Ebola en Ituri, les autorités congolaises multiplient les efforts en matière de logistique, de prise en charge et de coordination. Malgré des progrès notables, la situation reste fragile et exige une vigilance accrue ainsi qu’un dépistage précoce pour endiguer la propagation.

André Lucas

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