« J’ai cru mourir, mais je suis revenu vivant » : le témoignage d’un survivant d’Ebola qui brise les tabous

« J’avais des saignements, mais aujourd’hui je suis vivant. »
C’est avec une émotion palpable que s’exprime David Akunya Ngidi, rescapé de la souche Bundibugyo du virus Ebola. Pris en charge au Centre de traitement Ebola de l’Hôpital général de Rwampara, il revient sur les circonstances de sa contamination.

David raconte s’être infecté sans le savoir, en manipulant le corps de son grand frère décédé, dont la famille ignorait la cause de la mort. « Comme il fallait préparer son corps pour les funérailles, je l’ai touché », confie-t-il. Quelques jours plus tard, une fatigue inhabituelle et un épuisement intense apparaissent. Pensant d’abord aux conséquences du deuil, son état se dégrade rapidement. Sa famille décide alors de l’emmener au centre de traitement.

À son arrivée, David découvre une réalité bien différente des rumeurs qui circulent dans sa communauté. « Beaucoup pensent qu’une fois hospitalisé, on ne revient plus, que les infirmiers administrent de mauvais médicaments. Mais la vérité est tout autre. J’ai trouvé une équipe professionnelle qui se bat chaque jour pour sauver des vies », témoigne-t-il.

Guéri aujourd’hui, il dénonce les obstacles auxquels font face les malades : stigmatisation, préjugés et peur, qui retardent souvent la prise en charge. « Il faut enlever la peur et la honte. Avoir Ebola n’est pas une honte. Et après la guérison, il ne faut pas craindre d’être rejeté par la communauté », insiste-t-il.

À travers son récit, David Akunya Ngidi veut briser le silence et sensibiliser la population. Pour lui, partager son expérience, c’est contribuer à sauver des vies en encourageant toute personne présentant des symptômes à se rendre rapidement dans un centre de traitement.

Josh Ukelo Wakalewe

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